1/11/2010

Débat sur l'identité journalistique




En tant que veilleur, j'ai plusieurs fois constaté une petite chose, certes anodine mais qui, à mon avis, veut dire beaucoup : pas mal de blogueurs n'écrivent pas des "billets" mais des "articles". D'ailleurs, tant qu'on y est, beaucoup d'entre eux intitulent leur blog "Le magazine de...", "Le journal de...".

Cette appropriation des termes journalistiques par des blogueurs m'avait toujours laissé un peu interrogateur. J'ai dit "journalistiques" parce que j'écarte volontairement les autres significations pour me concentrer sur le rapport journalistes / blogueurs, qui est l'un des thèmes de ce blog.

Pour une analyse sémantique plus poussée sur la question, allez donc lire le très bon billet de Pierre Mourotte sur le sujet.

Je m'en faisais la réflexion sur Twitter, et n'étant apparemment pas le seul, @cwmconsulting et moi avons donc eu l'idée de ce billet (article ?) commun sur le sujet, écrit de deux points de vue différents et complémentaires.

Sans avoir la prétention de régler le problème ou de ne dire que des choses intelligentes, je souhaitais donc faire part de quelques pistes de réflexion sur le sujet.

Le billet d'humeur

Il faut d'abord préciser que le terme "billet" employé pour désigner un contenu publié sur ce que l'on appelle un blog (je vais éviter de rentrer dans les définitions de chaque terme...) fait originellement référence au "billet", cette information courte, que l'on retrouve dans les... journaux.

Souvent, ce billet prend d'ailleurs la forme d'un coup de gueule, d'une prise de position, et peut s'étirer davantage en longueur (le billet d'humeur). Des journalistes comme Eric Fottorino ou Pierre Marcelle poussaient régulièrement leur gueulante au Monde ou à Libération.

Car c'est bien à ça que les blogs, ces "journaux" personnels (allez hop, on en rajoute une couche) sont originellement dédiés : raconter sa vie, donner son avis... D'où une certaine dérive narcissique, régulièrement dénoncée par les blogueurs eux-mêmes.

Vers un article d'humeur ?

Alors pourquoi ne pas garder ce terme de "billet" ? Est-ce un simple caprice ou cela correspond-il à un réajustement du terme à de nouveaux usages ? Voici mon hypothèse, version courte :

La presse vit une période difficile : son avenir est incertain, et surtout, son travail est régulièrement remis en cause, critiqué. Le temps de l'information verticale est révolu, le journaliste vacille de son piédestal : les nouvelles technologies ont en effet donné un important pouvoir de contrôle de l'information et d'expression (personnelle et collective) aux citoyens.

Ceux-ci concurrencent directement les journalistes traditionnels, ils se mettent à produire de l'information sous ses formes les plus diverses : billet de blog, vidéo, tweet... Ils sont partout, puisqu'il s'agit de vous et moi, qui sommes connectés, écrivons, commentons le monde qui nous entoure. Souvent, ils sont là où le journaliste n'est pas encore arrivé ; l'information va très vite, il faut savoir être sur tous les fronts à la fois.

Dans cette double perspective, avec d'un côté une profession en pleine redéfinition et de l'autre la montée en puissance de nouveaux acteurs, il est donc logique qu'un terme évolue pour s'adapter à l'objet qu'il désigne.

Tous journalistes ?

Donc, en employant le mot "article", le blogueur se considère de plus en plus comme un journaliste parce qu'il cherche, qualifie, recoupe l'information, écrit. De facto, beaucoup de blogueurs et de journalistes font la même chose. Pas tous, mais beaucoup. Parce que bon, écrire un "article", ça fait plus professionnel qu'écrire un "billet".

Pour autant, demander à l'Etat une part des subventions à la presse (voir le billet de Thierry Crouzet sur le sujet) parce que le blogueur participe de cet écosystème paraît un peu prématuré. Parce que journaliste, c'est quand même une profession, un vrai métier ; des gens qui ne font que ça et qui ont été formés à le faire.

Après, les blogueurs ont-ils raison d'utiliser le terme "article" ? Je ne sais pas.

En tout cas, en tant que veilleur, je continuerai à faire la distinction billet / article, ne serait-ce que parce que la réalité que ces deux termes recouvrent reste encore, à mon avis, très différente (un journal avec ses milliers de lecteurs, ses moyens et ses journalistes professionnels d'un côté, et un blog tenu par un individu, aussi brillant et intégré dans le web soit-il, de l'autre). Reste à savoir pour combien de temps !
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12/13/2009

Facebook : 0 / Berlusconi : 0




Samedi 5 décembre dernier s'est tenue, à Rome, une immense manifestation, réunissant 350 000 italiens (90 000 selon la police) descendus dans la rue pour demander la démission du premier ministre. Et ce, dans un contexte assez tendu pour le Cavaliere, avec la récente abrogation de la loi Alfano (sans parler du reste), qui lui garantissait jusque-là l'immunité.

Ce qui fait la particularité de cette manifestation, outre son ampleur, c'est son point de départ : Facebook, avec la création (puis ensuite sa déclinaison) d'un groupe Facebook, début octobre, appelant à manifester en violet (couleur apolitique, "seule laissée libre") le 5 décembre. Ses auteurs : cinq blogueurs italiens.

Avec, évidemment, tous les outils qui vont bien : hashtag twitter, fanpagesite web, Youtube, avec retransmission en direct et manifestation virtuelle sur Second Life.

Plusieurs membres de l'opposition (qui participaient à la marche à titre personnel et non politique), des associations et intellectuels (le prix Nobel de littérature Dario Fo, le magistrat Dominico Gallo, le cinéaste Nanni Moretti qui n'en est pas à son coup d'essai, etc.) étaient également présents.

Une vraie organisation, qui s'est donnée les moyens de ses revendications, et qui, visiblement, souhaitait marquer le coup (700 bus, 4 trains et un ferry de Sardaigne ont même été affrétés !). La Corée du Sud en avait déjà fait l'expérience l'année dernière au cours d'une manifestation monstre contre le président Lee Myung-bak.

Pour autant, si la manifestation a marqué en-dehors des frontières italiennes (les médias italiens ayant évidemment fait l'impasse sur le sujet...), il n'est pas sûr qu'une telle démonstration ait, au final, un quelconque impact politique, au-delà du seul effet symbolique ; si un tel évènement était de nature à faire douter Berlusconi et le pousser à démissionner, cela fait belle lurette que le Cavaliere aurait laissé le trône vacant.

D'autant que la démission du premier ministre n'est possible que dans deux cas particuliers : soit une rupture de la majorité parlementaire, soit un vote de défiance. Au vu de sa côté de popularité (plus de 50 % d'opinions favorables), le self-made man, propriétaire de trois chaînes privées et du réseau public, n'a pas trop de mouron à se faire.

En revanche, l'évènement est particulièrement révélateur de l'état de l'opposition, incapable de lever les foules comme ont pourtant réussi à le faire les blogueurs à l'initiative du No Berlusconi Day. En particulier parce qu'une partie non négligeable de celle-ci s'est toujours refusée à un anti-berlusconisme primaire (ils devraient prendre exemple chez nous...).

La question de la puissance de Facebook en tant qu'outil de mobilisation reste posée (pour quelques succès retentissants, combien de bides énormes ?).

En attendant, on peut toujours jouer les bookmakers sur ce groupe-ci.
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11/04/2009

L'avenir du Troll en question




Jeudi dernier, un décret est venu préciser le statut d'éditeur de la presse en ligne.

Premier point : le statut d'éditeur de la presse en ligne exclut blogueurs et journalistes citoyens. Le décret stipule en effet que pour prétendre à ce statut, le site doit, entre autres, employer au moins un journaliste professionnel.

Second point, peut-être le plus important, en tout cas le plus litigieux, et abordé dans le passage suivant :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021214264&dateTexte=&categorieLien=id

Déjà, qu'est-ce qu'un contenu illicite ? D'après le droit de la presse, il s'agit essentiellement de ce qui relève de la diffamation :

http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/bulletin_information_cour_cassation_27/bulletins_information_2006_28/no_649_2193/communications_2195/droit_presse_diffamation_injure_9508.html

 A ce sujet, les différentes condamnations auxquelles le forum de discussion Mixbeat a été sujet sont éclairantes (concernant Claire Chazal ou... Louise Bourgoin), sans parler de l'affaire de Libération.

Ensuite, quels dispositifs ? Mail d'avertissement ? A qui d'ailleurs ? L'éditeur ou l'hébergeur ? Parce que, selon le destinataire de l'alerte, la procédure n'est plus la même et ça commence à devenir tordu (décryptage ici). Quant au terme "promptement" utilisé dans le décret, que signifie-t-il ? 24/24 ? Seulement sur les horaires de travail ? L'interprétation possible est large.

Ouvrons maintenant une parenthèse : à l'occasion des discussions autour de la loi Hadopi, en juin 2009, un amendement concernant le statut de la presse en ligne avait été voté et codifié à l'article 27 de la loi. Tombant comme un cheveu sur la soupe, il avait déjà créé le débat sur les mêmes problématiques.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020735432&dateTexte=&categorieLien=id

Rappelons également à toutes fins utiles (et surtout pour rester clair dans l'explication) que les éditeurs de presse en ligne suivent le régime des hébergeurs et fournisseurs d'accès à Internet, tel que décrit par la Loi pour la Confiance dans l'Economie Numérique (LCEM) :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000801164&dateTexte=

Ce qui signifie qu'un éditeur de presse en ligne est seulement soumis à une modération a posteriori (retour sur l'affaire Claire Chazal) et pas a priori des commentaires de ses contributeurs. Déjà, le Troll se sent mieux.

Mais surtout, là où le Troll exulte, c'est que là où l'on parle de contenu illicite, il fallait lire, avant la consolidation de la loi, "contenu manifestement illicite". En supprimant l'adverbe, le Troll peut donc supposer que là où l'éditeur était seul juge (c'était à lui de décider si oui ou non le message était diffamatoire, l'adverbe incriminé faisant davantage appel au ressenti qu'autre chose), ce sera désormais au juge de statuer.

On lui souhaite bon courage (au juge)...

Sinon, la presse indépendante d'information en ligne vient de créer son syndicat.
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10/29/2009

Le Roi est mort...Vive quoi ?




La nouvelle est tombée mardi : soitu.es (littéralement "Je suis toi"), le Rue89 espagnol, a fermé ses portes faute de moyens, le groupe bancaire BBVA, qui finançait le site, ayant décidé de couper les vivres. Trop frileux sans doute...

Après 22 mois d'activité, le pure player espagnol, récompensé deux fois par la Online News Association dans la catégorie "Meilleur site non anglophone de moins d'un million de visiteurs" (et ce il y a encore quelques jours à peine) succombe donc à la crise qui frappe durement le pays.

La Fédération des associations de journalistes espagnols expliquait d'ailleurs récemment que près de 3 000 postes de journalistes avaient été supprimés dans le pays en moins d'un an, sur un total de 30 000.

Le journal avait été fondé le 27 décembre 2007, jour de l'attentat qui avait coûté la vie à Benazir Bhutto, par quelques journalistes dissidents du quotidien de référence El Mundo, et menés par Gumersindo Lafuente.

Le journal, en situation difficile, avait déjà réduit ses effectifs (passant de 38 à 23 journalistes) et ne vivait plus que des recettes publicitaires. Les visages des journalistes espagnols rappellent, malheureusement, ceux des journalistes du Rocky Mountain News, journal américain fondé en 1859 (!) et qui avait mis la clé sous la porte en février.










Deux histoires, deux modèles économiques différents, et pourtant un même destin. La fermeture du premier pure player (re)met en lumière la situation difficile à laquelle sont confrontés ces nouveaux sites d'information, qui représentent pourtant, à bien des égards, l'avenir de la profession (Rue 89 en profite pour rassurer ses lecteurs).

Seulement, investir dans un tel média est une prise de risques. A plus forte raison en période de crise économique. Il n'empêche que, tôt ou tard, il faudra y passer, et qu'il ne sert à rien de reculer perpétuellement une échéance inévitable (ce que Rupert Murdoch, par exemple, ne semble pas avoir complètement intégré).

Ironie du sort, le journaliste Leonard Downie et l'universitaire Michael Schudson viennent de publier un essai pour la "Reconstruction du journalisme américain". Quand on lit ces lignes, on ne peut s'empêcher de penser que soitu était pourtant bien parti...
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9/12/2009

"L'information est un combat", comme dirait l'autre...



Inutile de revenir sur la polémique autour des propos du Ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, rapportés par Le Monde cette semaine. Tronqués ou pas, la polémique fait déjà suffisamment rage sur le sujet (le Parti Socialiste, sautant sur l'occasion, en profite d'ailleurs pour demander la démission du Ministre).

Ce qui mérite quelques secondes d'attention néanmoins, c'est la stratégie de défense mise en oeuvre par le monsieur un peu dégarni qui pose à côté de lui pour la photo souvenir, rapportée toujours par Le Monde dans un article d'hier :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/09/11/brice-hortefeux-au-centre-d-une-violente-polemique_1239056_823448.html

On passera sur les deux premières phrases, typiques de la politique de l'autruche, celle qui consiste à ne rien voir, à classer systématiquement tous ces petits incidents qui minent la démocratie dans la catégorie du "non évènènement"...

En revanche, la dernière phrase semble tirée tout droit de la bouche d'un certain Frédéric L. :

"Ces histoires d'Internet posent un problème de fond : ce n'est plus du journalisme".

Alors : 

1 - "Ces histoires d'internet" : déjà, ça montre la compétence du Président de l'UMP à s'exprimer sur Internet. Il semble maîtriser son sujet. En plus, la formulation, méprisante, a un vague relent de fait divers, de ceux qu'on voit passer au JT de 20h.

2 - "Ce n'est plus du journalisme" : Qu'est-qui n'est plus du journalisme ? Ces histoires d'Internet ? Si rapporter les dérapages des hommes qui dirigent le pays, ce n'est pas le rôle du journalisme, ce chien de garde de la démocratie, alors il va falloir me dire à quoi les journalistes sont censés servir.

Plus concrètement, le chef de l'UMP n'a peut-être pas compris que la vidéo a été tournée par des journalistes professionnels de la chaîne Public Sénat et, de surcroît, a été reprise par des journalistes du Monde.  C'aurait été posté par le quidam moyen, l'argument aurait pu passer, mais là...

Alors quoi, sous prétexte que le support de diffusion de l'information, c'est Internet, ça veut dire que l'information n'est plus crédible ? Si les paroles avaient été couchées sur papier, là par contre, il n'y aurait rien eu à redire ?

Il faudrait arrêter de confondre le support de diffusion de l'information et l'information elle-même.

Internet (et les Auvergnats) ont bon dos. Dès que ça part en cacahuète, allez hop, c'est la faute d'Internet, cette "poubelle", où c'est bien pratique de dire qu'il s'y trouve tout et n'importe quoi. 

Bref, le combat  n'est pas gagné (d'autant que le vote Hadopi 2, hein, c'est pour bientôt)...
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8/11/2009

Tremper la plume dans la plaie



Ou alors : Petits meurtres entre amis. Comme on pouvait s'en douter, le coup de gueule de Laurent Joffrin, directeur de Libération, contre celle qu'il a affectueusement surnommé "L'agence France-frousse" (pourtant ça fait AFF...) n'est pas passé inaperçu chez ses confrères. Et, comment dire, il en a quelque peu pris pour son grade.

Parce que non seulement les arguments avancés sont somme toute assez bancals (Laurent Joffrin explique par exemple que la première réaction de l'agence au sujet des propos de Nicolas Sarkozy à l'encontre de J. L. Zapatero en avril a été de passer l'information sous silence ; soit, mais quand on voit ce qu'a écrit Libération quelques jours plus tard, on peut s'interroger sur la pertinence de relayer une telle information), mais en plus les propres lecteurs du journal ne sont pas dupes : les 150 commentaires à l'article sont globalement peu amènes envers le directeur du journal.

http://www.liberation.fr/medias/0102584115-reaction-sur-l-agence-france-frousse

En gros : Libération n'est pas au-dessus de la mêlée, et si l'AFP s'auto-censure, ce n'est sûrement pas le seul... Et en même temps, quand on connaît l'utilisation abusive que font certains journaux des dépêches en question... Même Philippe Gavi, un des anciens piliers du journal, riposte farouchement, considérant que Laurent Joffrin "couvre de honte son journal..." Ouch !

Par contre, l'AFP a bien eu son droit de réponse, ici en l'occurrence. C'est quand même rigolo que Libé accuse l'AFP de ne pas reprendre ses "scoops" et soit par contre obligé de publier le droit de réponse de l'agence, qui, par la voix de son directeur  Philippe Massonnet, qualifie les propos tenus par le journal d'"insultants" et "injurieux"... En somme, voilà bien davantage un coup de pub pour l'AFP qu'autre chose.

A décharge, il faut néanmoins signaler l'enquête de Rue89 qui, donnant la parole à Mediapart, Le Canard Enchaîné ou Marianne, met en lumière la grogne de certains journaux (traditionnels et pure players donc) face à la "politique de reprise" de l'agence.

Cependant, on peut se demander pourquoi un coup de gueule si tardif : Sur les trois exemples cités par le directeur de Libération (et dans sa réponse à la réponse de l'AFP, celui-ci insiste bien sur le fait que son coup de gueule porte sur ces trois cas précis uniquement), deux datent... du mois d'avril. La crise actuelle et le besoin de légitimité des journaux poussent vraiment ces derniers dans leurs derniers retranchements en les forçant à canarder tout ce qui bouge... m'enfin ce n'est qu'une hypothèse.

Tiens, ça me rappelle d'ailleurs que la réforme des statuts de l'AFP, qui risquerait de transformer l'agence fondée en 1944 en entreprise étatique (faut lire et relire les conneries déclarations de Frederic Lefebvre sur l'AFP) est toujours d'actualité. D'un côté l'UMP accuse l'AFP de ne pas relayer ses communiqués, de l'autre certains journalistes accusent l'agence de rouler pour le pouvoir... faudrait vous accorder les gars.

D'ailleurs, même que les salariés de l'AFP se mobilisent et font tourner une pétition ici pour défendre l'indépendance de l'agence et ne pas tomber dans l'escarcelle du pouvoir. Ils ont pas l'air si méchants en fait...

Et pendant ce temps-là, Philippe Val va bien...
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6/19/2009

Cousin Germain




Cousine, en fait. La cousine de notre future LOPPSI 2, elle-même petite soeur de la loi Hadopi estropiée il y a peu. Bref, on a déjà vu famille plus heureuse.


Ce qui se passe, et qui ne rencontre pas beaucoup d'écho de par chez nous, c'est que l'Allemagne vient d'approuver la proposition de loi lancée par la ministre des Affaires Familiales, Ursula van der Leyen (soutenue par les sociaux-démocrates et les conservateurs du gouvernement Merkel) visant à bloquer l'accès aux sites pédo-pornographiques.

Malgré l'opposition des libéraux, des verts et de l'extrême-gauche, la loi est néanmoins passée cette nuit. La censure mission en reviendra à l'Office d'Investigation Criminel (BKA).

Les internautes recevront un message d'erreur au moment de la connexion au site, mais leur adresse IP ne sera pas communiquée. En revanche, ceux qui tenteront de contourner la protection seront poursuivis.

Dès avril, les cinq principaux opérateurs du marché des télécoms allemands (soit les 3/4 de l'activité) avaient déjà accepté le principe de la loi. Dès lors, les dés étaient jetés...

L'Australie a dernièrement adopté une loi similaire, avec les dérapages que l'on connaît... Et c'est exactement le même principe qui soutient la future LOPPSI chez nous : dresser une liste de sites considérés comme dangereux et les blacklister.

C'est bien là que réside le problème : la liste restant à la discrétion des autorités compétentes, rien ne les empêche de "diversifier"' les thématiques jugées contraires à l'équilibre moral des internautes, comme celle qui les feraient douter de l'éthique irréprochable ou de l'action sans faille du gouvernement...

Plusieurs manifestation ont déjà eu lieu en Allemagne, l'information circule sur Twitter (hashtag #zensursula) et, surtout, l'affaire est à l'origine du plus grand succès de pétition en ligne, "Non à l'indexation et au blocage de sites Internet", qui a recueillie plus de 130 000 signatures.

Les Allemands, en bons hackers, ont d'ailleurs prouvé qu'il existait d'autres moyens pour lutter contre la pédo-pornographie en ligne : ils ont ainsi réussi, en l'espace de 12 heures, à contraindre à la fermeture 60 sites en inondant de mails de protestation leurs serveurs étrangers.

Mais il semble que la démonstration n'ai pas été assez efficace pour le gouvernement allemand...
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