15 juin 2010

Le manga pour sauver la presse ?

D'un côté une presse traditionnelle qui s'effondre face à la concurrence du web et le vieillissement du lectorat. De l'autre un engouement qui ne se dément pas des jeunes pour les mangas, peut-être l'un des rares créneaux du papier à engranger des bénéfices considérables.

Constat évident, mais qui a germé dans l'esprit de certains pour donner naissance à une nouvelle forme de médias : les mangas... informatifs ! 

Lancé par la société KaBA Net en octobre dernier, le site Manga no Shimbun (grossièrement "Manga Newspaper") couvre l'actualité internationale, la culture, les faits divers (bref, tout ce dont traite un journal classique) à travers ses planches, noir et blanc ou couleurs, généralement sur deux pages max. Il y a même une application iPhone / Android ici.

Le site emploie quand même une centaine d'artistes, qui produisent en moyenne entre 10 et 15 planches par jour. Bon c'est pas du temps réel, et on est très loin de l'exhaustivité, mais c'est déjà pas mal. La majorité des mangas est pour l'instant en japonais, voire en anglais, mais une traduction en français serait semble t-il à l'ordre du jour d'ici la fin de l'année.

Tout ça est évidemment gratuit, et le business model de Manga Newspaper reste somme toute classique : de la publicité, des propositions de planches aux journaux et sites web, mais aussi... des communiqués de presse façon manga !

14 juin 2010

Père Google, raconte-nous une histoire...

Petit retour vers le futur sur un truc mijoté dans les alambics du Google Labs en décembre dernier : Google Living Story. Si le projet est arrêté depuis février, le concept est intéressant (à défaut d'être réellement convaincant) puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'une espèce d'agrégateur basé sur le contenu du Washington Post et du New York Times.


L'internaute choisit un sujet, et hop ! il se retrouve avec l'ensemble de la production journalistique (articles, éditos, vidéos, etc.) des deux illustres quotidiens, liens à l'appui. Une chronologie interactive est également à disposition. Détail intéressant : toutes les sources sont rassemblées sous une seule et même URL.

Evidemment, deux journaux, ça ne fait pas beaucoup, aussi pertinents soient-ils. Néanmoins,  l'idée de segmenter par sujet (même pas par thématique, par sujet) est intéressante, notamment pour un veilleur. Déjà parce que les informations sont déjà classées quand elles tombent (le rêve...), ensuite parce que tout ça peut constituer un dashboard pertinent pour celui qui l'utilise (avec un minimum de mise en page quand même, hein). D'autant que les sources sont aussi distinguées selon leur nature : News, opinion, vidéos...

Par contre pour les journaux, c'est comme d'hab', puisqu'avec le système d'URL unique, le lecteur n'est pas renvoyé vers l'article original...

Si j'utilise le présent et non le passé pour parler de Google Living Story, c'est tout simplement parce que le code source du machin est disponible ici.

13 juin 2010

L'Australie va avoir son Spot.us


L'Australie, qui est actuellement loin d'être un modèle en matière de liberté d'expression sur le web, accueillera (et la Toile par la même occasion, hein) le petit frère du site américain Spot.Us, ce site d'information dont le modèle économique repose sur le crowdfunding : les pigistes proposent, sur le site, un synopsis de reportage / enquête à réaliser. Si les lecteurs sont intéressés, ils financent l'enquête, qui est réalisée par des journalistes freelances puis ensuite vendue aux médias (presse écrite en premier lieu).

Spot.Us a été fondé fin 2008 par David Cohn, journaliste diplômé de l'université Columbia de New York ; YouCommNews, son jumeau australien, sera lancé en septembre prochain, le site étant toujours en cours de développement (mais néanmoins accessible). Il est supporté par la Public Journalism Interest Foundation de l'université de Swinburn, une organisation qui réfléchit aux nouveaux modèles de journalisme.

Et pourquoi pas tenter la même chose en France ? 

5 juin 2010

C'est l'été...

... et ce blog va changer de garde-robe : nouveau template un peu moins triste et élargissement des thématiques traitées (l'information à l'ère 2.0 en général, et plus seulement par l'angle de la presse).

Parce que n'empêche c'est vrai, Twitter, ça tue quand même un peu les blogs...

31 mai 2010

Rupert Murdoch est un T-Rex de papier

Robert Murdoch est un dinosaure des médias, ça on le savait déjà. Sa volonté de rendre payant le contenu des journaux composant son vaste empire médiatique passera une nouvelle étape le mois prochain : Après le New York Times, ce sera au tour du Times (et son édition du week-end, le Sunday Times) de passer au payant (et de changer d'url par la même occasion). 

Les nouveautés du site sont disponibles en avant-première et gratuitement pendant un mois avant que le cadenas ne soit posé, définitivement (ou pas ?).

Une perte estimée à 90 % du lectorat

Conséquence du passage au tout-payant : une étude du groupe News International (filiale de News Corporation, donc appartenant à Murdoch) estime que l'instauration d'un péage à l'entrée ferait perdre au journal... 90 % de son lectorat (sur 21 millions de visiteurs uniques mensuels) ! 

Il en coûtera ainsi 1 livre par jour ou 2 livres par semaine pour accéder aux contenus des deux journaux (et à des nouveaux trucs comme Times+... faut bien justifier le prix). A noter que cet accès sera gratuit pour les abonnés papier. En même temps, l'empire médiatique de Rupert Murdoch est sûrement le seul groupe au monde à avoir les reins assez solides pour se lancer dans une entreprise aussi risquée...

Car pas sûr que les annonceurs voient cette évolution (régression ?) d'un bon oeil. De plus, rien ne dit qu'une fois  l'effet de curiosité passé, les lecteurs ne se lassent et ne repartent vers une information gratuite (le Guardian, la BBC... sont toujours accessibles librement). Tout ça semble présager d'une victoire à la Pyrrhus face à Google, l'ennemi juré (bin oui, si le contenu sont protégés, ils ne seront plus indexés)...

Bas les masques !

Pour être précis, Murdoch est un dinosaure carnivore : il bouffe à grandes dents la concurrence et le paysage médiatique anglo-saxon, mais il attaque aussi la liberté d'expression : en ces temps de proposition de loi douteuse chez nous, le site sera conçu de manière à ce qu'il soit nécessaire de s'inscrire avec sa vraie identité pour oser pouvoir commenter sur le site.

Je vois  mal comment ce dernier point va pouvoir être mis en oeuvre : en fournissant son adresse IP peut-être ? Bref, le magnat de la presse (du siècle dernier) va sûrement se casser la gueule, et ce sera tant mieux (enfin espérons, car si l'idée marche, la concurrence risque de suivre...).

18 avr. 2010

On a perdu le Québec

Québec89, le petit-frère âgé de tout juste 6 mois de Rue89, c'est fini. Patrick Pierra (co-fondateur du site et éditeur du portail d'information québécois BRANCHEZ-VOUS !), avec qui Rue89 avait conclu un partenariat pour monter son homologue québécois), l'annonce dans le dernier article du pure player.

http://www.quebec89.com/non-classe/quebec89-apres-six-mois-la-fin-dune-belle-experience-2698.html

Les raisons sont claires : le manque de trafic (20 000 à 40 000 pages vues par mois, au lieu des 100 à 150 000 estimées), et donc par un ricochet une situation financière difficile, visiblement imputable à une déception des internautes, qui, lecteurs de Rue89, attendaient fortement du site. L'ombre du père a eu raison du fils.

Néanmoins, une rapide visite sur le site permet de constater que le rythme de parution des articles était très aléatoire (toujours mieux que ce blog cependant, heureusement pour eux) et que les sujets étaient loin d'être aussi originaux que ceux de rue89.  Un rythme un peu cahoteux lié à des moyens insuffisants (trois journalistes salariés, une poignée de pigistes, mais surtout... des contributeurs quasi-inexistants).

L'image du journal avait également été récemment entachée par une sombre histoire de RH, relayée sur la blogosphère canadienne et Twitter, et  selon certains n'aurait fait que précipiter une décision de rupture du côté de Rue89. 

Pour les lecteurs québécois, restent encore l'incontournable Cyberpresse, ainsi que Le Devoir ou Radio Canada pour ne citer qu'eux.

13 avr. 2010

Un site internet reçoit le prix Pulitzer

C'est une grande première : cette année, le prestigieux Prix Pulitzer (créé en 1904, et récompensant un large champ de domaines, dont le journalisme) a récompensé un site, ProPublica, pour son enquête au sein d'un centre médical de la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina en 2005. L'article a été rédigé en collaboration avec le New York Times Magazine.

Plus précisément, l'enquête s'attache à raconter le choix difficile des médecins d'euthanasier certains malades, qu'ils jugeaient impossibles à sauver après la catastrophe. Un sujet sensible traité avec brio par la journaliste Sheri Fink.

http://www.propublica.org/feature/the-deadly-choices-at-memorial-826
ProPublica est une rédaction américaine, indépendante et à but-non lucratif, tournée vers le journalisme d'investigation et "d'intérêt public". Créée en octobre 2007, elle emploie actuellement 32 journalistes. Le site Mediapart reprend régulièrement une partie de ses enquêtes.



A noter que c'est également un site internet (en l'occurrence la version web du San Francisco Chronicle) qui a remporté la catégorie "Dessins de presse".
 
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